12 crises qui pourraient éteindre notre civilisation

Crises planétaires : comment pourrait finir notre civilisation

On parle toujours de la « crise économique ». Mais celle-ci n’est que roupie de Sansonnet face aux crises majeures que notre civilisation a traversé dans le passé, et traversera dans l’avenir. Quittons donc notre point de vue étriqué de de terriens du XXIe siècle et essayons de raisonner à l’échelle de l’univers : Quels sont les vrais dangers qui pourraient menacer toute culture intelligente sur toute planète où la vie existe ?

J’ai longtemps réfléchi à ce sujet, et voici le résultat : toute civilisation, toute espèce intelligente, doit faire face au cours de son histoire à 17 crises majeures susceptibles de détruire ces civilisations. L’espèce humaine a déjà survécu à cinq de ces crises (Quoique ce n’est pas encore sûr pour certaines). Douze  autres dangers  sont devant nous. Nous devons nous y préparer !

En voici la liste :

De quoi s’agit-il ?

Les crises du passé

La crise du Dodo

Le Dodo est grand oiseau qui vivait sur l’île Maurice et qui a disparu vers 1690, du fait des activités humaines; Il est le symbole de l’extinction des espèces. Mais l’espèce humaine elle-même a bien failli disparaître. Il y a cent mille ans, il n’y avait que 10 000 êtres humains sur terre, et ils mourraient presque tous de faim. Ce n’est qu’avec l’invention de l’agriculture, il y a 10 000 ans, que les êtres humains ont pu se multiplier.  Sur d’autres planètes, d’autres êtres intelligents n’ont peut-être pas pu franchir cette étape. Sur la Terre même, les Dauphins n’y ont pas réussi.

La crise des Fellahs

L’agriculture a créé une société paysanne Les Fellah étaient les paysans de l’ancienne Égypte. Leur mode de vie était immuable et chaque génération reproduisait les gestes de la précédente. Le progrès était inexistant, le changement même était inexistant.  De telles sociétés sont extrêmement vulnérable aux changements climatiques ou écologiques. Ce sont les guerres et les invasions qui ont mis fin à cette société statique. D’autres civilisations n’ont pas eu cette « chance » et ont sombré dans l’oubli. Les Mayas ont disparu. Si notre planète avait été formée de grandes îles et non de continents, nous aurions tous disparus.

Nombreuses sont les civilisations antiques fondées sur l’obéissance à des chamanes, des gourous ou des chefs religieux (ou pas) qui détiennent tous les pouvoirs réels. Dans ces sociétés, les croyances, même sans fondement, constituent le socle même de la civilisation. Les gens sont enfermés dans des structures mentales dont ils ne peuvent sortir. Les chamanes combattent le changement et les idées nouvelles. De telles sociétés peuvent survivre, mais pas évoluer. Tel fut le cas de celles des indiens d’Amérique, des hindous, des mongols, des mayas, ou de nombreuses éthnies africaines anciennes.  Et du moyen-âge en Europe.

Même au XXIe siècle, des chefs religieux rèvent d’instaurer une dictature religieuse. Ce serait la fin de tous les progrès. Les religionsn’aiment pas le changement.

Le saut de Venise

Ce qui a sorti l’Europe du moyen-âge, ce ne fut pas la renaissance italienne : celle-ci n’aurait jamais pu avoir lieu sans l’invention du crédit par les banquiers vénitiens du XIVe et XVe siècle.  L’idée d’investir, de sacrifier des richesses présentes en espérant en obtenir plus dans l’avenir, était une idée radicalement nouvelle. Les banquiers vénitiens financèrent des navires et des expéditions qui permirent à Venise d’amasser une immense fortune qui fit boule de neige et inonda toute l’Europe. La même chose se produisit en Chine, les Chinois copiant le modèle Vénitien.  Le commerce, l’échange de biens sur de très longues distances, est le fondement de notre civilisation. Si le Doge de Venise n’avait pas cru en l’idée nouvelle du crédit, nous serions toujours au moyen âge. D’autres civilisations, ailleurs, n’auraient ou peut-être pas pu franchir ce pas.

La crise des missiles

L’accumulation des richesses et l’inégale répartition des ressources naturelles qui permettent de les créer suscite les envies, et les envies créent les guerres. Les guerres ont beaucoup d’avantages : elles rendent les puissants plus puissants encore, elles éliminent les revendications sociales, elles détruisent les surplus, elles mélangent les gènes, elles boostent les progrès technologiques. Évidemment elles ont également beaucoup d’inconvénients : morts, blessés, destructions, déchirures des corps et des âmes…

Au fil du temps les guerres sont devenues de plus en plus globales et de plus en plus meurtrières, jusqu’aux guerres mondiales. Si l’attentat de Sarajevo n’avait pas eu lieu, peut-être aurions nous évité la guerre de 14, mais tôt ou tard il y aurait eu une guerre mondiale. C’était inévitable.

La vraie question, c’est : comment les civilisations peuvent-elles sortir d’une guerre mondiale en y survivant ? Sur Terre, la seconde guerre mondiale a bien failli être la dernière : si Hitler avait cru en la bombe A, il l’aurait eue avant les américains, et l’aurait utilisé contre l’Angleterre et la Russie. Si les japonais n’avaient pas capitulé face à Hiroshima,et Nagasaki, si les russes n’avaient pas retiré leurs missiles de Cuba, si John Kennedy avait pressé le bouton rouge (il était à quelques minutes de le faire le 29 octobre 1962), nous ne serions plus là pour l’écrire.

Aujourd’hui, il y a encore 11000 armes atomiques dans le monde…

Les crises du futur et les dangers qui nous menacent

La Crise du réseau

Nous sommes de plus en plus dépendant du réseau Internet. Mais comme toute création humaine, et malgré sa nature très diffuse, il n’est pas à l’abri des pannes et des attaques terroristes. Les serveurs sont répartis un peu partout dans le monde, mais pas les « backbones », ces tuyaux qui acheminent les paquets d’information. D’ici dix ans, nous serons encore plus dépendants d’Internet. Et s’il tombait entre les mains de quelques personnes, ou d’un état terroriste ? Ce n’est pas impossible, et dans le second cas, ce serait le début d’une nouvelle guerre. Or, ce qui n’est pas impossible finit par arriver…

La crise d’Orwell

Chacun le sait, ce ne sont plus les états qui possèdent le pouvoir. Le vrai pouvoir est détenu par quelques compagnies multinationales et leurs dirigeants : des banquiers, des pétroliers, des magnats de l’information, et Google. La possession par quelques-un des principaux moteurs de l’économie est bien sûr un danger. Le contrôle de tous nos moyens d’information serait encore bien pire. Déjà, en Chine, les citoyens n’ont pas accès à Facebook, et très difficilement à Google.

Autre phénomène inquiétant, la menace terroriste contraint les états à surveiller toujours davantage les citoyens et à restreindre leur liberté. Depuis 2001, le Patriot Act. permet  aux autorités américaines de faire toutes recherches « nécessaires » sur la vie privée de personnes « soupçonnées » de terrorisme. En clair, cette loi permet aux service secrets US d’espionner n’importe qui, n’importe quand, n’importe où, d’écouter toutes les conversations téléphoniques, etc.
La censure, voulue ou implicite, existe et s’étend partout. Nous sommes en marche vers le meilleur des mondes d’Huxley ou le 1984 d’Orwell.
Le danger d’une dictature mondiale est réel.  Et ce n’est pas une personne seule, comme dans l’excellent film « V pour vendetta », qui pourra nous en sortir.

Le syndrôme de l’île de Pâques

L’île de pâques, isolée au milieu de l’océan pacifique, était jadis couverte de forêts et de palmiers. Il n’en reste plus un seul. L’exploitation à outrance et l’introduction de rats (qui mangeaient les pousses de palmiers) par les polynésiens causa l’effondrement de la civilisation pascuane.
Similairement, l’immense cité d’Ankgor, au Cambodge, fut ruinée soudainement au XVe siècle parce que les ingénieurs avaient perdu le contrôle de son réseau de canaux et de bassins,  et ne purent  éviter des inondations catastrophiques.
Les civilisations qui disparurent parce qu’elles devenaient trop dépendantes d’une seule ressource sont innombrables. Nous pensons être à l’abri de telles catastrophes. il n’en est rien. Nous détruisons la biodiversité. Nous polluons la planète et les océans. Nous dépendons étroitement de ressources limitées comme le pétrole, le Tantale, l’Yttrium, le Gadolinium, ou même le gravier et le sable (qui n’est pas si abondant qu’on pourrait le penser ; le sable des déserts ne permet pas de faire du béton : seul le sable marin le peut).  Nous fonçons en avant sans savoir si nous avons assez de carburant. Et nous n’en n’avons pas assez. Lorsque les coûts d’approvisionnement de ces matières premières sera supérieur au gain que l’on pourrait en retirer, nous devrons changer… ou disparaître.

Le syndrome de Vénus

vénus

Il s’agit ici de la planète Vénus et non de la Déesse. Vénus est semblable à la Terre : même taille et même composition. Mais son atmosphère est composée essentiellement de gaz carbonique, causant un énorme effet de serre; Le résultat est que la température moyenne à la surface de vénus est de 500 degrés ! Cela pourrait-il arriver à notre planète ?
L’accumulation des gaz à effet de serre dans notre atmosphère a de quoi inquiéter. Même un réchauffement de quelques degrés de la température moyenne de l’air causerait des dommages catastrophiques : tempêtes, inondations, sécheresses, élévation du niveau de la mer, disparition de nombreuses espèces, déplacements massifs de populations.
Mais ce n’est pas tout. Nous ne savons absolument pas quel taux de gaz à effet de serre pourrait supporter la planète avant que ne se déclenche un phénomène d’emballement irréversible conduisant à faire de notre planète une nouvelle Vénus.
Ce danger n’est pas pour demain mais il est pour après demain. Ne nous voilons pas la face !

La crise de Skynet

Déjà, nos ordinateurs sont presque intelligents. Ils comprennent ce qu’on leur dit, exécutent nos instructions. Un jour; ils deviendront aussi intelligents que nous, voire plus. L’arrivée de l’intelligence artificielle est inéluctable. Mais ce dont nous ne voulons pas, c’est d’une IA qui serait comme le Skynet du film Terminator !Or la création d’une intelligence artificielle générale, capable de résoudre tous les problèmes, donnerait à la compagnie ou l’armée qui parviendrait à la créer un tel avantage que la tentation d’utiliser l’IA pour détruire les concurrents (ou les ennemis) serait très grande… On connaît les militaires, ils ne pourraient pas résister à une telle tentation.
Une IA hostile serait certes un danger énorme. Mais même une IA « neutre », qui ne ferait que ce qu’on lui demande, serait très dangereuse. En expliquer ici les raisons serait trop long; je vous conseille de lire mon livre « L’esprit, l’IA et la Singularité »
La seule solution pour sortir de cette crise, c’est de créer une IA amicale. La recette se trouve, là encore, dans mon livre.

La crise d’Alexandrie

La bibliothèque d’Alexandrie, en Égypte, fut la plus grande bibliothèque du monde antique, rassemblant toute la connaissance de l’époque.  Sa destruction par les chrétiens vers l’an 390, sur l’ordre de l’empereur Théodose, qui considérait les ouvrages qu’elle contenait comme « païens », fut la plus grande perte de connaissances techniques, historiques, médicales et scientifiques de tout les temps, à égalité avec la destruction de la totalité des centaines de milliers de Codex mayas au XVIe siècle par les conquistador espagnols (Seuls quatre ont échappé à cette destruction).

Aujourd’hui, l’essentiel des connaissances humaines est stocké dans d’innombrables bibliothèques, et de plus en plus sur Internet.  Sommes-nous à l’abri d’une destruction totale ? Rien n’est moins sûr. Nombre de documents techniques et scientifiques importants n’existent qu’en un seul exemplaire parce que ce sont des secrets de fabrication, par exemple ceux qui concernent le détail de la fabrication des puces de nos ordinateurs.  Toutes nos connaissances sont très loin d’être dupliquées dans des lieux sécurisés. Et la majorité ne sont pas à l’abri des attaques.

Or les sectes religieuses et les dictateurs de tous poil ont toujours pratiqué l’autodafé.  Une dictature qui posséderait une intelligence artificielle pourrait trouver le moyen d’effacer  toutes les connaissances « impies » qui se trouvent sur Internet.

La destruction massive de connaissances scientifiques ou techniques de haut niveau. Serait catastrophique pour notre civilisation. C’est pourtant un danger dont peu de personnes sont conscientes.

La crise du Soleil vert

Ce nom fait référence au film « Soleil vert' ». Il décrit un futur pas si lointain où la planète serait surpeuplée, contraignant les terriens à manger de la chair humaine. Cela vous fait frémir ? Pourtant la surpopulation est un fait réel. C’est peut-être le principal danger qui, à moyen terme, menace notre civilisation.  Comment nourrir vingt, trente, cent milliards d’êtres humains ? Comment freiner cette expansion si rapide de la population, encore accentuée par l’allongement de la durée de vie ? Comment trouver les ressources pour que tous ces humains puissent non seulement survivre, mais vivre heureux ?
Ces défis formidables restent à relever.

La crise CT

Nous pensons maîtriser l’énergie nucléaire, mais nous n’en exploitons qu’une infime partie. Les centrales nucléaires, les bombes A, et même la bombe H, ne convertissent qu’un pour cent de la masse de matière (Uranium, Plutonium ou Tritium) en énergie. Mais nous progressons dans la compréhension de la matière. Un jour, nous saurons réaliser la conversion totale de la matière en énergie.  Et comme l’histoire se répète, les applications militaires arriveront avant les applications civiles.

La bombe à conversion totale (CT) sera un jours une réalité. Or cette bombe serait une horreur sans aucun équivalent. L’explosion d’une seule bombe CT dans la haute atmosphère dégagerait une énergie se chiffrant en dizaines de Tératonnes de TNT. (une tératonne vaut mille milliards de tonnes). Ce serait une explosion au delà de l’imagination. Le résultat serait que la moitié de la surface planétaire serait instantanément vitrifiée. L’autre moitie de la planète sera dévastée par des vents de plusieurs milliers de kilomètres-heure, soulevant tant de poussière que l’atmosphère deviendrait rapidement opaque pour un siècle, créant une nuit perpétuelle et faisant chuter la température à moins cent degrés. Toute vie sur Terre serait anéantie, même pour ceux qui se seraient réfugiés dans des souterrains profonds.

Inutile de dire que nous devons tout faire pour éviter cela !

La crise de la Chimère (et celle des douze singes)

Dans le film « Mission impossible 2. », la Chimère est un virus créé de main d’homme et mortellement dangereux. Dans « L’armée des douze singes », le virus est encore plus dangereux car il se propage dans l’air. La catastrophe a eu lieu et les quelques rares survivants se terrent dans une cité souterraine, l’atmosphère étant devenue irrespirable.

Ce danger est très réel. Nous ne savons pas (pas encore ?) créer de toutes pièces des virus pathogènes aussi dangereux, mais nous en prenons le chemin.  Nous devons imposer un moratoire sur ce genre d’expériences. Mais cela suffit-il  ? ce n’est pas sûr. Des militaires réfléchissent à la création de virus sélectifs, qui n’infecteraient que des populations préalablement « marquées » (par exemple en contaminant l’eau à leur insu  avec un agent apparemment inoffensif mais qui activerait le virus). Or la nature a toujours le dernier mot, et les virus peuvent muter…

La crise du Grey Goo

Le « grey goo » est une sorte de microbe artificiel crée par la nanotechnologie. contrairement aux virus naturels, un grey goo n’a pas besoin d’infecter un organisme biologique, ni même de matière organique pour se reproduire. Il est capable d’assembler une réplique de lui-même en piochant simplement parmi les atomes qui l’entourent,  Lâché dans la nature, un seul grey goo se reproduit en quelques secondes. Et comme rien ne peut l’arrêter, sinon une explosion nucléaire, en une minute il y en a assez pour remplir un verre, en une heure pour recouvrir une ville et en un jour toute la planète. Elle serait alors recouvert d’une pâte informe de machines minuscules passant leur temps à se reproduire en se mangeant les unes les autres, d’où le nom de grey goo « mélasse grise ».

Nous sommes très loin de savoir créer des grey goo. Mais d’ici une trentaine d’années, cela pourrait être une réalité. Des solutions ont déjà été imaginées pour les contrer. SI cela vous intéresse, je vous conseille ici aussi de lire mon livre « L’esprit, l’IA et la Singularité »

Le syndrôme de Mathusalem

Que ce soit par le bias de l’IA ou des nanotechnologies, notre civilisation finira par trouver le secret de l’immortalité.  Nous aurons alors à faire face à trois dangers : celui de la surpopulation car si les gens ne meurent plus la planète se retrouvera en un rien de temps hyperpeuplée, celui de l’appropriation de la tehnologie par une petite minorité d’immortels qui imposeront leur loi aux reste des mortels, et celui d’une stase globale : en effet les immortel seront, par définition, des gens très prudents. Tellement prudents qu’ils ne voudront plus courir aucun risque. Mais quelle activité humaine n’est pas un tant soit peu risquée ?

La crise d’Ender

Le livre (et le film) « Ender’s Game » raconte la rencontre avec une race hostile d’extra-terrestres.
Bien sûr (?), dans le livre, l’humanité gagne la guerre; Mais dans la réalité, si cela arrivait ? C’est le dernier danger que pourrait éventuellement rencontrer notre civilisation… Si elle survit aux 16 autres !

Conclusion

Face à tous ces dangers, notre petite crisette économique paraît bien minuscule… Mais souvenons-nous : chaque épreuve rend plus fort. Chaque épreuve rend plus fort ! Dans cent ou mille ans, l’humanité aura traversé toutes ces crises. Elle aura enfin atteint l’âge adulte.

Source : Journal d’un terrien

Le 30/04/15 by Francky

franck
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J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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