Bravons l’état d’urgence, manifestons le 29 novembre

Place de la République à Lille. Samedi après midi. 
Rassemblement en hommage aux victimes des attentats de Paris.
Lille.
Le 14 novembre 2015Place de la République à Lille. Samedi après midi. Rassemblement en hommage aux victimes des attentats de Paris. Lille. Le 14 novembre 2015 Aimée Thirion

Un collectif refuse de laisser la rue à l’armée ou à la police et appelle à manifester pour le climat, le 29 novembre, place de la République. Malgré l’interdiction du gouvernement.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre que l’état d’urgence décrété pour trois mois n’allait pas se limiter à protéger la population française contre de nouveaux attentats.

Ce week-end, une grande partie de la ville de Sens (Yonne) a été soumise à un couvre-feu, sans rapport clair avec les attentats. C’est la perquisition d’un appartement – dont les locataires n’auraient finalement pas été inquiétés – qui a justifié cette punition collective. Parmi les 1072 perquisitions nocturnes diligentées hors de tout cadre judiciaire par les préfets, moins d’une sur dix a abouti à une garde à vue. À Nice, c’est une fillette de six ans qui a été blessée lors d’une opération de police : les policiers intervenus en pleine nuit avaient enfoncé la mauvaise porte. Dimanche en Loire-Atlantique, c’est une caravane de 200 vélos accompagnée de 5 tracteurs qui a été bloquée par les forces de l’ordre : il s’agissait de dissuader les cyclistes de rejoindre Paris pour la COP21.

Pendant ce temps, le gouvernement reprend sans scrupule des mesures promues hier encore par l’extrême droite. Les journaux nous l’assurent : les sondages confirment l’adhésion massive des Français à cet état d’exception sans précédent depuis cinquante ans.

C’est une victoire pour Daesh que d’être parvenu, avec moins d’une dizaine d’hommes, à faire sombrer l’État dans ses pires réflexes réactionnaires. C’est une victoire pour Daesh que d’avoir provoqué la mise sous tutelle sécuritaire de la population tout entière.

Le dimanche 29 novembre, une gigantesque manifestation était prévue dans les rues de Paris pour faire pression sur les gouvernants mondiaux, à qui personne ne faisait confiance pour trouver une solution au réchauffement climatique. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues de toute l’Europe. Manuel Valls, certainement lucide sur le caractère dérisoire des accords qui sortiront de la COP21, craignait beaucoup cette manifestation. Il a donc décidé de l’interdire, au prétexte que la foule risquerait d’être la cible d’un attentat. M. Valls jouerait-il avec le feu en laissant les Français risquer leur vie en faisant leurs courses de Noël ? Il se donne en tout cas les grands moyens : ceux qui voudraient manifester encourent 6 mois de prison. M. Valls va-t-il nous mettre en prison pour nous protéger des attentats ?

La proposition que nous faisons, nous savons que dans les circonstances actuelles nous aurons du mal à la faire entendre. Depuis dix jours, les écrans ressassent la gloire des «valeurs» françaises. Nous prenons cela au pied de la lettre. S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l’occasion de la COP21 est un enjeu primordial et nous n’acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester.

Dimanche 29 novembre, nous appelons à braver l’état d’urgence et à nous retrouver à 14h sur la place de la République.

Parmi les signataires :

Frédéric Lordon, Directeur de recherche au CNRS

Pierre Alféri, Romancier, poète et essayiste

Hugues Jallon, éditeur, écrivain

Ludivine Bantigny, Historienne

Eric Hazan, Editeur

Julien Salingue, Docteur en Science politique

Joelle Marelli, Philosophe, écrivain, directrice de programme au Collège international de philosophie.

Jacques Fradin, Mathématicien, chercheur en économie

Ivan Segré, Philosophe

Nathalie Quintane, Poétesse

Christophe Granger, Historien

Nacira Guénif, Sociologue

Serge Quadruppani, Ecrivain

Joss Dray, Auteure-photographe

La parisienne libérée, Chanteuse

François Cusset, Professeur de civilisation américaine

Jean-Jacques Rue, Programmateur de cinéma et journaliste

Annie Ohayon, ingénieure

Willy Pelletier, sociologue

Alain Parrau, enseignant Paris 7

Pétition en ligne : https://www.change.org/p/la-rue-bravons-l-etat-d-urgence-retrouvons-nous-le-29-novembre-place-de-la-republique

Contact: braverletatdurgence@riseup.net


ADRESSÉE À
La rue
BRAVONS L’ETAT D’URGENCE, RETROUVONS-NOUS LE 29 NOVEMBRE PLACE DE LA REPUBLIQUE.

 


 

« Francky’s insight » : «  Nos ancêtres se sont battus (dans le sang) pour les libertés dont nous jouissons aujourd’hui, et celles-ci sont en train de disparaître les unes après les autres. Il serait peut-être temps de peser le pour et le contre, voulons-nous sauver et garder nos acquis ou abandonner toute idée de liberté » .


 

Source : Libération

Image à la Une : Illustration Marcus Moller Bitsch pour «Libération»

Le 25/11/15 by Francky

franck
About franck 2198 Articles
J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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