Cancer du sein, le pavé dans la mare d’une radiologue

Image faite lors d'une macrobiopsie par mammotome sur une patiente ayant présenté des lésions lors d'une mammographie le 08 mars 2006 à l'Institut Curie à Paris. Pour vérifier si elles sont cancéreuses, un prélèvement d'échantillons est réalisé par aspiration avec une grosse aiguille introduite dans le sein, sous anesthésie locale, grâce à un guidage par les rayons X. AFP PHOTO JOEL SAGET

Radiologue à Metz, la Dre Cécile Bour doute de la pertinence du dépistage systématique. Études à l’appui, elle pointe les risques de surdiagnostic et le manque de résultats. Et lance une « information indépendante » sur internet.

Cancer du sein, le pavé dans la mare d’une radiologue | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.itPhoto : « La mortalité due au cancer du sein est stable depuis des années. Or si le dépistage était efficace, le fait d’identifier des cancers plus tôt devrait la faire diminuer. » Photo Marc WIRTZ – republicain-lorrain.fr

— Quels sont, pour vous, les problèmes liés à la généralisation de la mammographie précoce de masse ?

Dr Cécile BOUR : « Une controverse scientifique existe, mais les femmes ne le savent pas. Même l’Institut national contre le cancer l’écrit : « il n’existe pas de données consolidées pour confirmer ou infirmer les choix établis […] du dépistage organisé. Des incertitudes persistent. » On demande à des femmes d’adhérer à quelque chose qui n’a pas de fondement scientifique. Dans le cas d’un médicament, quand ce genre de doute survient, on le retire du marché. »

Mais une femme sur huit est susceptible d’avoir un cancer du sein

« La communication est biaisée. La probabilité de mourir d’un cancer du sein est surmédiatisée. Sur 100 décès, 45 femmes décèdent de maladies cardio-vasculaires, 20 d’autres cancers et 3 ou 4 d’un cancer du sein. »

— Mais ne peut-on pas déduire que cette faible mortalité est le fait du dépistage précoce justement ?

« La mortalité du cancer du sein est stable depuis des années. Or, si le dépistage était efficace, le fait d’identifier des cancers plus tôt devrait la faire diminuer. En plus, des études ont démontré que la mortalité est équivalente quand on compare un groupe de femmes dépistées et un groupe de femmes qui ne le sont pas. »

— Quels sont les risques ?

« Le surdiagnostic. On conclut à un diagnostic de cancer qui ne se serait pas exprimé du vivant de la patiente. Tous ces cancers n’en sont pas, mais on va amputer la qualité de vie des femmes quand même. Ce qui donne l’illusion de guérir plus. Ce surdiagnostic est augmenté par la double lecture à laquelle j’ai participé pendant dix ans : je me disais que c’était formidable ! Mais j’en suis revenue. Je pense qu’on fait fausse route. Sans oublier les fausses alertes qui nécessitent des actes, comme une biopsie ou une IRM, qui ne seraient pas nécessaires et qui font vivre des moments d’angoisses aux patientes. Et on leur dit qu’on n’a rien vu en leur demandant de revenir dans un an. On parle sans arrêt de statistiques : pour les femmes, c’est 100 % d’angoisse. »

— Mais le dépistage sauve forcément des vies, non ?

« Selon des études, sur 10 000 femmes dépistées, 30 sont sauvées. Et entre 80 et 200 sont surdiagnostiquées. »

D’après la campagne de sensibilisation, le dépistage est rapide, indolore…

« Ce sont tout de même des rayons. Une mammographie tous les deux ans, pendant 25 ans… Et on ne sait pas ce qu’il en est des éventuels cancers induits par ces rayons. Il est faux de dire que le dépistage est rapide : plusieurs minutes à attendre des résultats, c’est très long et très angoissant pour certaines femmes que je retrouve parfois en pleurs. Et ce n’est pas indolore s’il faut faire une IRM ou une biopsie complémentaire. »

— Alors pourquoi ces dépistages continuent-ils ?

« Business et lobbying. De grands laboratoires, qui fabriquent les médicaments que les femmes traitées doivent prendre pendant des années, subventionnent le dépistage. Et il y a 20 ans de campagne de sensibilisation à démonter, sans parler des emplois dans les associations. Moi, je me tire une balle dans le pied : je devrais dire à toutes les femmes de venir tous les six mois, pour remplir mes caisses. »

— Que devraient faire les pouvoirs publics ?

« Les Suisses ont abandonné le dépistage organisé, les Britanniques se posent la question. La véritable prévention consisterait à lutter en amont sur les facteurs de risques : malbouffe, sédentarité, pesticides, tabac. »

— Que faut-il faire quand on est une femme concernée ?

« S’informer pour choisir en connaissance de cause. Je veux mettre à disposition une information indépendante et médicale. Certaines femmes ont plus de facteurs de risques que d’autres. Mais on peut imaginer qu’une femme qui n’a pas eu de cancer dans sa famille, pas de symptôme, qui mange bien, fait du sport, ne fume pas et va régulièrement chez le gynécologue, ne serait pas inconsciente ou déraisonnable, refusant le dépistage. »

Source : Par Lisa Lagrange (http://cancer-rose.fr/) – republicain-lorrain.fr – amessi.org

Le 29/06/15 by Francky.

franck
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J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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