De la révolution culinaire… à la viande avariée !

Au grand dam de nombre de ses adeptes le célèbre chef britannique Jamie Oliver décidait l’année dernière d’offrir de son temps et de son expertise au déjà très controversé groupe agroalimentaire brésilien Sadia. A la même période un autre grand chef bien connu du sérail, Alex Atala, rejoignait de son côté une autre division du groupe pour le même exercice.

Le révolutionnaire culinaire se voulait néanmoins rassurant auprès de ses “followers”. Leur expliquant, poing levé, que les lendemains qui chantent ne sauraient se passer d’un pacte avec le diable afin de le ramener à la raison. Refrain entendu maintes et maintes fois dans la bouche de l’élite culinaire mondiale :Une sorte de méthode Coué moderne pour grands chefs incapables d’introspection !

Bien sûr avec Jamie, tout serait différent. Mieux, on allait voir ce qu’on allait voir ! L’homme après tout, nous expliquent les médias, à bien donné du fil à retordre à la multinationale du clown américain concernant la qualité des ingrédients utilisés pour la confection de ses sandwich. Comme chacun peut le constater de nos jours, Ronald, effrayé par le flegme britannique du “Naked Chef”, a grandement revu sa copie de par le monde !

Et c’est vrai qu’au moment de la controverse Jamie et son équipe de stratèges de la communication ont assez bien réussi à transformer ce partenariat douteux en un élément novateur de la révolution culinaire 2.0. C’était malheureusement sans compter sur l’éternel retour du concret…

En effet, il y a quelques jours a éclaté au Brésil un nouveau grand scandale alimentaire. Après deux années d’enquêtes la police fédérale brésilienne a fait des révélations fracassantes sur les pratiques de certains industriels nationaux de la viande dont le géant Sadia.

Au menu chez les partenaires de Jamie : des pots de vins à des inspecteurs des services d’hygiène afin de garder sur le marché de la viande avariée. Une corruption étatique ayant permis d’alimenter les caisses de plusieurs partis politiques majeurs du pays. De nombreuses écoles publiques du Sud fournies avec des produits jugés dangereux et cancérigènes. L’utilisation de produits chimiques afin de camoufler l’odeur et de changer l’apparence des produits incriminés. Mais aussi de la viande avariée mélangée avec de la viande fraîche, d’autres contaminées avec des salmonelles exportées en Europe, sans oublier des saucisses aux… cartons.

L’enquête nous apprend par ailleurs que les industriels en question avaient une influence directe au ministère de l’agriculture leur permettant de choisir eux même les inspecteurs ainsi que les jours de contrôles. Les certificats sanitaires étaient fournies dans tous les cas, peu importe la qualité réelle des produits.

Voilà une nouvelle affaire qui devrait logiquement faire tache dans l’agenda avant-gardiste du grand chef britannique. Après de longs mois de collaboration on peut ici facilement jauger à quel point Oliver a su trouver les arguments nécessaires pour convaincre ses nouveaux acolytes des bienfaits de l’éthique culinaire qu’il prône à longueur de temps. A moins que ce dernier n’ait été au final qu’un instrument de propagande au service d’industriels se sachant à l’aube d’une controverse de grande ampleur ?

Pourtant, Jamie Oliver bénéficie ici d’une clémence médiatique sans égal. Alors que les médias mainstream avaient commenté l’annonce officielle du partenariat avec Sadia en long en large et en travers aucun d’entre eux n’a encore fait le lien entre la célébrité et Sadia depuis le récent scandale alimentaire.

Lui même, pourtant concerné au premier chef – en tant qu’ambassadeur de la marque – par ces révélations n’a pas encore pris la peine d’émettre publiquement un avis sur ces découvertes finalement peu surprenantes. C’est dire le respect que ce dernier porte envers les consommateurs de ses produits.

Source: La Vie Culinaire

Le 02/04/17 by Francky

franck
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J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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