GRECE : TSIPRAS, EPISODE II

Syriza remporte les législatives grecques

Tsipras annonce la formation d’un gouvernement de coalition avec un parti de droite souverainiste…
« Devant nous, s’ouvre la voie du travail et des luttes »…
À droite, Nouvelle Démocratie, reconnaît sa défaite…
Hollande: « Message important pour la gauche européenne »…

Le Premier ministre grec sortant Alexis Tsipras a gagné un nouveau pari électoral dimanche en menant son parti de gauche radicale Syriza au pouvoir pour la deuxième fois cette année, avec une victoire nette mais insuffisante pour gouverner seul.

C’est pourquoi le dirigeant grec a annoncé qu’il allait s’allier de nouveau avec le parti souverainiste des Grecs Indépendants (Anel) de Panos Kammenos pour former un gouvernement de coalition. « Nous allons unir nos forces, (…), nous allons continuer ensemble », a lancé Alexis Tsipras dans un discours devant les sympathisants du Syriza rassemblés sur une place du centre d’Athènes, avant d’être rejoint sur la tribune par Panos Kammenos.

Selon les résultats sur 61% des bulletins dépouillés, Syriza, qui obtient 145 sièges sur les 300 du Parlement, disposera d’une majorité absolue de 155 sièges avec le renfort d’Anel. De son côté, la droite de Nouvelle Démocratie obtenait pour le moment environ 28% des voix et 75 sièges.

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Le dirigeant de ND, Vangelis Meïmarakis, a rapidement reconnu sa défaite: « Il apparaît que le Syriza et M. Tsipras sont premiers, je le félicite », a-t-il déclaré à la télévision.

« Devant nous s’ouvre la voie du travail et des luttes », a tweeté pour sa part Alexis Tsipras, avant sa réaction officielle à la télévision. Une photo qu’il a postée avec son tweet montre une mouette survolant la mer, accompagnée des paroles d’un chant populaire : « le bateau va apparaître au port.. nos rêves (sont) un oiseau de mer »:

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François Hollande a salué dans la soirée « un succès important pour Syriza et (Alexis) Tsipras », y voyant aussi « un message important pour la gauche européenne ». « La Grèce va connaître une période de stabilité avec une majorité solide », a déclaré lors d’une conférence de presse à Tanger (Maroc) le président français qui se rendra à Athènes « sans doute dans les prochaines semaines ».

Le président du Parlement européen Martin Schulz a lui aussi félicité Alexis Tsipras pour la victoire de son parti Syriza, estimant qu’un gouvernement grec « solide » était désormais « nécessaire rapidement ». « Je viens de féliciter Alexis Tsipras pour la victoire de Syriza dans les élections grecques », a-t-il écrit sur son compte Twitter. « Maintenant un gouvernement solide prêt à obtenir des résultats est nécessaire rapidement », a-t-il ajouté:

« I’ve just congratulated @tsipras_eu for #Syriza victory in #Greece elections. Now a solid government ready to deliver is needed quickly »

Malgré une forte abstention (autour de 40%), les Grecs ont donc donné une deuxième chance à Alexis Tsipras, qui avait fait le pari de démissionner en août après avoir perdu sa majorité au parlement, en espérant obtenir un nouveau mandat plus solide, voire la majorité absolue. Il est arrivé très souriant vers 19h à son siège de campagne, dans le centre d’Athènes.

L’Europe attentive

Remplacé à la tête du gouvernement par la présidente de la Cour suprême Vassiliki Thanou pendant ce mois de campagne, Alexis Tsipras avait défini dimanche son futur gouvernement comme « un gouvernement de combat », qui « continuera avec la même détermination, le même sens du sacrifice, à mener des batailles pour défendre les droits de notre peuple ».

Arrivé au pouvoir en janvier, dans un grand mouvement d’espoir d’un peuple épuisé par six ans de crise profonde, Alexis Tsipras, premier chef de gouvernement européen issu de la gauche radicale, avait démissionné sept mois plus tard après l’éclatement de sa majorité parlementaire lors du vote par les députés du troisième plan d’aide au pays par l’UE et le FMI en cinq ans.

Alexis Tsipras explique depuis avoir signé le plan comme un pis-aller, pour éviter au pays une sortie de l’euro. Son retour au pouvoir sera suivi avec une attention particulière par les créanciers de la Grèce mais aussi par les dirigeants politiques européens.

Après des mois de tensions qui ont culminé avec l’organisation en juillet par Alexis Tsipras d’un référendum sur les propositions des créanciers et la victoire retentissante du « non », le jeune Premier ministre a finalement, bon gré mal gré, semblé accepter la mise en oeuvre du plan, tout en recherchant des marges de manœuvre pour adoucir le sort de la population.

Le score obtenu par Syriza sera aussi scruté en Espagne, au Portugal et en Irlande, très touchés également par la crise, où se déroulent d’importantes élections dans les prochains mois.

Coopération renouvelée avec Anel

Peu de temps après l’officialisation des résultats dimanche soir, Alexis Tsipras a donc reconstitué exactement la même alliance que lors de son premier mandat, avec les Grecs Indépendants d’Anel, un parti pourtant de droite souverainiste mais avec lequel il s’est parfaitement entendu pendant sept mois.

S’il voulait encore renforcer sa coalition, il pourrait s’allier avec d’autres formations, comme le parti centriste To Potami (« la Rivière »), créé en 2014 par un ancien journaliste de télévision, Stavros Theodorakis, crédité de 10 sièges, ou le Pasok, le parti socialiste autrefois puissant, crédité de 17 sièges.

Vangelis Meïmarakis, 61 ans, parvenu à la tête de Nouvelle Démocratie il y a deux mois seulement, avait proposé « un gouvernement de coalition nationale », y compris avec Syriza.

Mais Alexis Tsipras, dont la fermeté semble avoir payé, avait sèchement refusé cette main tendue. Samedi, son ancien ministre des Finances Euclide Tsakalotos avait dit ne pas voir comment on pourrait faire changer la vie publique et combattre l’évasion fiscale en s’alliant à « des partis qui ont construit leur pouvoir politique sur le clientélisme ».

Par ailleurs, à la faveur de la crise des migrants, le parti néonazi Aube dorée semblait, selon les résultats partiels, conforter sa place de troisième parti du pays, avec 7,19% et 19 députés (deux supplémentaires).

En revanche, Unité populaire, qui rassemble les députés dissidents du Syriza dont le vote en août a précipité ces législatives, resterait à la porte du Parlement.

Source : HUFFINGTON POST

Le 20/09/15 by Francky

franck
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J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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