L’effet papillon.

Effet papillon (*)

UNE SIMULATION DÉVOILE COMMENT LA POLLUTION ASIATIQUE CRÉE DES CYCLONES EN AMÉRIQUE

Les particules de suie et autres aérosols émis par l'Asie crée des cyclones en Amérique (capture d'écran - Nasa)

Les particules de suie et autres aérosols émis par l’Asie créent des cyclones en Amérique (capture d’écran – NASA/GSFC)

Pour la première fois une simulation des flux climatiques obtenue via des satellites et un modèle informatique révèle le lien entre les particules de suie produites en Asie et l’augmentation des cyclones en Amérique. La simulation mise en ligne par la Nasa (ci-dessous) est riche de couleurs et surtout d’enseignements : elle montre comment les polluants passent d’un continent à l’autre, via les nuages, et modifient le climat.

La vidéo suit l’évolution de tous les flux atmosphériques, heure par heure, entre le 1er septembre 2006 et le 10 avril 2007 – une époque déjà « ancienne » dans l’histoire du réchauffement climatique tant celle-ci évolue rapidement.

Mais elle donne une base rigoureuse à l’analyse des modifications actuelles liées à la diffusion dans l’atmosphère des « aérosols« , ces particules (d’un diamètre de 1 micromètre ou moins) de « carbone-noir » ou suie et de « carbone-organique » soit un agglomérat de molécules à chaine carbonée.

Circulation des aérosols d’origine humaine et naturelle (en rouge et en jaune) entre le 1er septembre 2006 et le 10 avril 2007 (Crédit: NASA Goddard Space Flight Center).

Outre leur effet sur la santé, allergies, asthmes et pathologies respiratoires, ces aérosols produits en partie par les activités industrielles humaines interagissent dans l’atmosphère avec la vapeur d’eau : ils lui servent de support pour se condenser, créant des nuages. C’est ce dernier phénomène qui a été visé par une équipe de chercheurs du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa et le California Institute of Technology ou CalTech : s’appuyant sur les relevés des flux atmosphériques globaux fournis par les satellites Terra et Aqua de la Nasa, ils ont effectué leur simulation selon un modèle incluant des informations comme les températures, les précipitations et la pression mesurées par les milliers de capteurs et instruments dont disposent les climatologues

LA POLLUTION EN AÉROSOLS D’ORIGINE HUMAINE AUGMENTE LA COUVERTURE NUAGEUSE

Ensuite, ils ont intégré les données connues sur la production, la diffusion et le mode de transport des aérosols. Ceux-ci étant engendrés aussi bien par des phénomènes naturels (feux de forêt, volcans, émissions par des organismes biologiques, etc.) que par les activités humaines (industries), les chercheurs ont soustrait de leur modèle le taux produit par les phénomènes naturels.

Conclusion : les aérosols en surplus, émanant principalement de l’Asie et surtout de Chine (mais pas seulement), se chargent d’eau durant leur traversée du Pacifique (zone humide) et accroissent ainsi la couverture nuageuse notamment des zones proches des cotes de l’Ouest américain – les chercheurs ayant approfondi leur analyse sur cette partie du Globe. Cette croissance nuageuse augmenterait alors le nombre et la force des cyclones – qui s’en alimentent – et produirait également davantage d’épisodes pluvieux et neigeux non cycloniques.

QUELLES CONSÉQUENCES POUR LE CLIMAT DE L’EUROPE ?

La simulation prouve ainsi les mécanismes d’un phénomène observé depuis une trentaine d’années : l’augmentation de la couverture nuageuse de l’océan Pacifique et de la force des tempêtes (+ 10 %). Elle devrait également dissuader les géo-ingenieurs qui, depuis quelques années, imaginent des solutions pour refroidir la Planète via une augmentation artificielle de sa couverture nuageuse (au moyen de la diffusion d’aérosols).

La simulation montre également les flux d’aérosols asiatiques (et autres) sur l’Europe et les autres régions terrestres, mais les chercheurs n’ont pas encore affiné suffisamment leur analyse pour clarifier les conséquences sur le climat local – travail en cours, selon leur affirmation. Mais un simple visionnage de la simulation montre déjà que ces conséquences existent bel et bien…

  (*) effet papillon : Élément d’une chaîne de causalité, spécifiquement le fait qu’un petit changement de conditions initiales provoque une grosse différence à la fin de la chaîne.

Le 28/02/15 Román Ikonicoff by Francky.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

franck
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J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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