Les Eagles of Death Metal reviennent à Paris : « Reste chaud du cul ! »

Ils jouaient au Bataclan le 13 novembre, ils sont de retour à Paris ce mardi soir à l’Olympia pour un concert chargé d’émotion. Ils se sont confiés dans plusieurs médias. Morceaux choisis.

Jesse Hugues des Eagles of Death Metal Danny Payne/REX Shutter/SIPAJesse Hugues des Eagles of Death Metal Danny Payne/REX Shutter/SIPA

Trois mois après la tragédie du Bataclan le 13 novembre, les Eagles of Death Metal sont de retour mardi soir sur une scène parisienne, à l’occasion d’un concert chargé d’émotion.

Le groupe a repris samedi la tournée internationale qu’il avait suspendue au lendemain de l’attentat, dans lequel ont été tuées, pendant leur concert au Bataclan, 90 des 130 victimes des terroristes. Le Bataclan restant fermé jusqu’à la fin 2016, c’est au fronton de l’Olympia que leur nom va apparaître. Pour une soirée forcément particulière, en présence de rescapés et de proches des victimes, invités par la production, mais aussi de fans du groupe qui ont acheté leur billet.

Le chanteur, Jesse Hugues, ainsi que Josh Homme, cofondateur du groupe, ont répondu a plusieurs interviews ces derniers jours. Evoquant notamment auprès du « Monde », de l’AFP ou encore du Grand Journal de Canal + le fait que ce concert serait une « thérapie ». Morceaux choisis.

Le retour

Le choix de remonter sur scène pour achever le concert n’a pas été chose facile. Le chanteur a ainsi déclaré à l’AFP : « J’ai peur, j’ai vraiment peur. (…) J’espère être capable de monter sur cette scène et être plus fort que je le suis maintenant. Je ne veux pas m’écrouler devant tout le monde, je ne veux décevoir personne, c’est ma plus grande crainte. »

« Ce sera un concert de rock normal. Le rock’n’roll, pour moi, c’est de l’amusement. Je ne vais laisser personne m’enlever ça, ni à mes amis. Je veux voir mes amis sourire. Je veux revoir tous les sourires de ce soir-là » avant l’attaque.

« Kiss the devil »

Pas sûr que les Eagles of Death Metal reprennent la chanson qu’ils jouaient lorsque l’attaque a commencé le 13 novembre. Dans le « Grand Journal » lundi soir, Jesse Hugues ne l’a pas exclu :

« C’est pas mon genre de laisser les méchants gagner, ou prendre le dessus. Mes tripes me disent de jouer cette chanson en premier avec un gros fuck aux méchants mais ce ne serait pas approprié je le comprends, on la jouera plus tard. »

A la différence de Josh Homme, qui écarte absolument cette possibilité dans « Le Monde », pour répondre, entre autre, à la demande des rescapés :

« Nous ne pouvons pas jouer « Kiss the Devil » demain. Nous ne savons plus où vit cette chanson désormais, et nous n’avons pas de raison de chercher à le savoir. Car nous avons aussi des demandes… de ne pas la jouer. Une personne qui ne veut pas l’entendre compte plus pour nous qu’une centaine qui voudraient qu’on la joue. Le morceau démarre d’une façon très iconique, vous savez : Tsi Tsi poum poum tacatac… »

Venir ou pas

Le chanteur, Jesse Hugues insiste dans l’AFP sur la dimension thérapeutique de ce concert :

« C’est le moment (…) de retirer les cellules cancéreuses. C’est un cancer psychologique qui affecte le monde entier et je pense que nous nous apprêtons à voir l’une des plus belles choses possibles : des gens qui vont refuser que ce cancer prenne le dessus. (…) Je comprends ce que ressentent les gens qui ne peuvent pas venir. Je sais que la bonne chose à faire est aussi la plus difficile ».

Bataclan

Jesse Hugues est revenu dans « Le Grand Journal » sur l’instant tragique où les terroristes ont fait irruption dans la salle de concert :

« Quand j’étais sur scène et que les tirs ont commencé, j’ai vu des gens que je connaissais se faire tirer dessus, des gens que je connaissais depuis des années. »

Dans la rue, un homme blessé a osé une inimaginable blague… Jesse Hugues raconte à l’AFP :

« Je fuyais pour sauver ma vie dans la ruelle, un type à côté de moi avait du mal à marcher, j’ai vu qu’il saignait beaucoup sur le côté, je ne sais pas ce qu’il est devenu. Il a respiré un grand coup et il m’a dit : ‘Ton dernier concert était franchement mieux…’ C’est incroyablement courageux, une telle blague. C’est l’exemple que je vais m’efforcer de suivre. »

Donald Trump

Donald Trump qui a affirmé à « Valeurs actuelles » : « Si j’avais été au Bataclan j’aurais tiré ». Réaction de Jesse Hugues dans « Le Grand Journal » :

« Je ne suis pas un héros mais si j’avais eu une arme, j’aurais peut-être pu faire quelque chose. (…) Dieu a créé les hommes et les femmes, et les armes sont les seules choses qui les mettent à égalité. Je ne peux pas ne pas être d’accord avec Donald Trump, désolé, je sais qu’il est bizarre et pas cool. »

Dans « Le Monde, le chanteur se montre toutefois moins empathique :

« Ce qu’il dit est absurde… Je n’en ai rien à foutre de ce qu’il dit, cela n’a rien à voir avec nous. »

Josh Homme abonde :

« Oui c’est absurde, on n’est pas là pour faire de la politique. Nous sommes là pour ce qui rend la France formidable : les arts et la culture qui ont une place ici dans votre vie de tous les jours. »

Les terroristes

Jesse Hugues exprime dans « Le Monde » une certaine vision des choses :

« Ces gens-là étaient sous Xanax et cocaïne, je ne veux même pas parler de ces enculés. Ils ont eu leur moment de gloire et ils sont morts, laissons-les là où ils sont… »

Culpabilité

La culpabilité des survivants ? Pas question de la laisser gagner. Jesse Hugues dans « Le Monde » :

« On ne peut nier que cela existe. (…) Mais cela vous tuerait si vous laissiez cette merde vous consumer. Vous deviendriez fou. Parce qu’au final, ce n’est bien évidemment la faute de personne, à part celle des tueurs. Il faut résister. Mon mantra c’est : reste chaud du cul ! Et choisis le côté ensoleillé de la rue. »

Mission

Jesse Hugues dans « Le Monde » :

« Je veux faire ce que Dieu m’a dit de faire. Et dans la Bible, il a dit : ‘poussez des cris de joie’. C’est ce qu’on va faire. Il s’agit juste de frayer notre chemin à travers cette tristesse. La musique est le moyen sacré par lequel je peux vivre l’expérience divine. Et je crois que c’est magnifique. »

Source : L’OBS (A.-S.H.)

Image à la Une : Jesse Hugues

Le 16/02/16 by Francky

franck
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J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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