Popy le bleu

Salut,

Je me suis laissé convaincre de participer ici.

Alors pour commencer, je m’essuie les pieds sur le paillasson et je me présente vite fait.

Le destin d’abord et la volonté en second, m’ont aidé à prendre un des chemins qui nous réunissent aujourd’hui. Ensuite l’émulation des rencontres, un contexte favorable, de la patience, beaucoup de curiosité et un bon zeste d’utopie, travaillent encore à donner du sens.

Comme tout le monde, je stock des outils depuis le début. On ne choisit pas lesquels seront utiles ou non. Il faut avoir de la chance et tout prendre!

Un beau jour, nous ne nous étions pas vu depuis longtemps avec notre hôte (Monsieur Beuss). Comme d’habitudes, on refait le monde. Y’a des émulations plus importantes que d’autres.

Au fil des conversations, une vision me vient clairement à l’esprit : c’est tout ces outils –tout ces fragments, qui s’accordent pour prendre un sens, me montrer une direction.

Cette image mentale était un organigramme/graphset du monde tel que j’étais en mesure de le concevoir à ce moment. Sans pouvoir l’exprimer.

Une question déjà en ressort : « Quand est-ce qu’on aurait dût se dire que c’était assez? »

Tout ce que je possédais avait servi à l’élaboration de cette question. Comment aller plus loin tout seul. J’explique le contexte et pause ma question sur un forum de philosophie que je fréquentais un peu à l’époque (2008) et que je fréquente un peu encore maintenant.

Un prof de philo (Il avait des connexions avec d’autres dimensions! Je pense.), comprend ma question et me conseil un p’ti bouquin. Il me rassure « c’est facile et ce n’est pas long à lire ». Je ne lisais pas à l’époque. Même la littérature classique qu’on devait étudier en cours…

Ca a vraiment concrétisé ma vision.

Michel Bounan – La folle histoire du monde.

 

« Il y expose la thèse selon laquelle l’histoire de l’humanité ne consiste pas uniquement dans celle de son développement technique ou de ses « progrès » en tous genres, ni même dans celle de ses institutions et de ses révolutions. L’histoire de l’humanité serait aussi l’histoire des folies collectives qui ont permis ce développement et ces institutions. »

M.Bounan - La folle histoire du monde

 

Voilà pour la genèse.

Quelque temps plus tard, pour libérer les horizons, viendra :

Friedrich Nietzche – Ainsi parlait Zarathoustra.

« Un livre pour tous et pour personne »ainsi-parlait-zarathoustra-979872

Le premier discours qui m’a parlé –à la première lecture : « De la nouvelle idoles »

«Il y a quelque part encore des peuples et des troupeaux, mais ce n’est
pas chez nous, mes frères: chez nous il y a des États.

État? Qu’est-ce, cela? Allons! Ouvrez les oreilles, je vais vous
parler de la mort des peuples.

L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids: il ment
froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: « Moi, l’État,
je suis le Peuple. »

C’est un mensonge! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les
peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour:
ainsi ils servaient la vie.

Ce sont des destructeurs, ceux qui tendent des pièges au grand nombre
et qui appellent cela un État: ils suspendent au-dessus d’eux un glaive
et cent appétits.

Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l’État et il le
déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux
lois.

Je vous donne ce signe: chaque peuple a son langage du bien et du mal:
son voisin ne le comprend pas. Il s’est inventé ce langage pour ses
coutumes et ses lois.

Mais l’État ment dans toutes ses langues du bien et du mal; et, dans
tout ce qu’il dit, il ment – et tout ce qu’il a, il l’a volé.

Tout en lui est faux; il mord avec des dents volées, le hargneux. Même
ses entrailles sont falsifiées.

Une confusion des langues du bien et du mal – je vous donne ce signe,
comme le signe de l’État. En vérité, c’est la volonté de la mort
qu’indique ce signe, il appelle les prédicateurs de la mort!

Beaucoup trop d’hommes viennent au monde: l’État a été invente pour
ceux qui sont superflus!

Voyez donc comme il les attire, les superflus! Comme il les enlace,
comme il les mâche et les remâche.

« Il n’y a rien de plus grand que moi sur la terre: je suis le doigt
ordonnateur de Dieu » – ainsi hurle le monstre. Et ce ne sont pas
seulement ceux qui ont de longues oreilles et la vue basse qui tombent
à genoux!

Hélas, en vous aussi, o grandes âmes, il murmure ses sombres mensonges.
Hélas, il devine les cœurs riches qui aiment à se répandre!

Certes, il vous devine, vous aussi, vainqueurs du Dieu ancien! Le
combat vous a fatigues et maintenant votre fatigue se met au service de
la nouvelle idole!

Elle voudrait placer autour d’elle des héros et des hommes honorables,
la nouvelle idole! Il aime à se chauffer au soleil de la bonne
conscience, – le froid monstre!

Elle veut tout _vous_ donner, si _vous_ l’adorez, la nouvelle idole:
ainsi elle s’achète l’éclat de votre vertu et le fier regard de vos
yeux.

Vous devez lui servir d’appât pour les superflus! Oui, c’est
l’invention d’un tour infernal, d’un coursier de la mort, cliquetant
dans la parure des honneurs divins!

Oui, c’est l’invention d’une mort pour le grand nombre, une mort qui se
vante d’être la vie, une servitude selon le cœur de tous les
prédicateurs de la mort!

L’État est partout où tous absorbent des poisons, les bons et les
mauvais: l’État, ou tous se perdent eux-mêmes, les bons et les mauvais:
l’État, ou le lent suicide de tous s’appelle – « la vie ».

Voyez donc ces superflus! Ils volent les œuvres des inventeurs et les
trésors des sages: ils appellent leur vol civilisation – et tout leur
devient maladie et revers!

Voyez donc ces superflus! Ils sont toujours malades, ils rendent leur
bile et appellent cela des journaux. Ils se dévorent et ne peuvent pas
même se digérer.

Voyez donc ces superflus! Ils acquièrent des richesses et en
deviennent plus pauvres. Ils veulent la puissance et avant tout le
levier de la puissance, beaucoup d’argent, – ces impuissants!

Voyez-les grimper, ces singes agiles! Ils grimpent les uns sur les
autres et se poussent ainsi dans la boue et dans l’abime.

Ils veulent tous s’approcher du trône: c’est leur folie, – comme si le
bonheur était sur le trône! Souvent la boue est sur le trône – et
souvent aussi le trône est dans la boue.

Ils m’apparaissent tous comme des fous, des singes grimpeurs et
impétueux. Leur idole sent mauvais, ce froid monstre: ils sentent tous
mauvais, ces idolâtres.

Mes frères, voulez-vous donc étouffer dans l’exhalaison de leurs
gueules et de leurs appétits! Cassez plutôt les vitres et sautez
dehors!

Évitez donc la mauvaise odeur! Eloignez-vous d’idolâtrie des superflus.

Évitez donc la mauvaise odeur! Eloignez-vous de la fumée de ces
sacrifices humains!

Maintenant encore les grandes âmes trouveront devant elles l’existence
libre. Il reste bien des endroits pour ceux qui sont solitaires ou à
deux, des endroits où souffle l’odeur des mers silencieuses.

Une vie libre reste ouverte aux grandes âmes. En vérité, celui qui
possède peu est d’autant moins possédé: bénie soit la petite pauvreté.

Là ou finit l’État, la seulement commence l’homme qui n’est pas
superflu: la commence le chant de la nécessité, la mélodie unique, la
nulle autre pareille.

Là où finit l’état, – regardez donc, mes frères! Ne voyez-vous pas
l’arc-en-ciel et le pont du Surhumain?

Ainsi parlait Zarathoustra. »

http://www.egs.edu/library/friedrich-nietzsche/articles/ainsi-parlait-zarathoustra/de-la-nouvelle-idole/

Voilà, je vais arrêter de ramasser des pavés et essayer d’apporter ma pierre à la barricade!

 

 

Popy le Bleu

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