Voici les canons laser capables d’abattre des drones

Boeing a développé un système émettant un rayon laser capable de détruire un aéronef en plein vol.

Image tirée du film "Star Wars : L'attaque des clones" (LILO/SIPA)Image tirée du film « Star Wars : L’attaque des clones » (LILO/SIPA)

Ça ressemble à un gros radar routier, mais cette boîte est en réalité une arme anti-drones. Créé par l’Américain Boeing, ce « système compact d’arme laser » permet d’envoyer un faisceau laser infrarouge de 2 kW, capable de détruire un objet volant en plein vol.

Pas de faisceaux lumineux, ni de « pew-pew » comme dans « Star Wars ». Le laser est totalement invisible et silencieux. Il n’en demeure pas moins efficace. Une fois la cible verrouillée, il ne faut que deux secondes pour qu’il enflamme la queue du drone et forme un trou. Pas d’explosion, mais l’appareil chute, incontrôlable.

Pour contrôler le laser, il suffit d’une manette de la console de jeux vidéo Xbox 360 et d’un ordinateur portable doté de logiciels de ciblage. Pour l’heure, le canon de Boeing ne peut être utilisé que de façon statique, mais le constructeur américain dit travailler à l’embarquer sur des véhicules pour l’utiliser en mouvement.

Ce système n’est encore qu’à l’état de prototype. Boeing affirme toutefois qu’il sera « bientôt prêt à être déployé sur des champs de bataille », d’ici un ou deux ans. Aucun prix n’a encore été annoncé.

Une solution contre les survols de drones ?

Ce canon anti-drones s’apparente à une nouvelle solution contre les survols illégaux qui se produisent partout dans le monde, depuis la Maison Blanche jusqu’aux centrales nucléaires EDF, en passant par le ciel parisien. L’usage du système de Boeing sera toutefois surtout militaire, et il faudra attendre plusieurs années avant de le voir se déployer pour assurer la surveillance du ciel parisien, à la manière du dôme de fer anti-missiles israélien.

Le système de Boeing pourrait donner des idées à l’Agence nationale de la recherche (ANR), missionnée par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve pour trouver des solutions innovantes pour détecter et neutraliser les drones contrevenants. En attendant, la gendarmerie a reçu la permission d’utiliser des fusils à pompe pour abattre les aéronefs qui s’approcheraient des centrales, a souligné « le Figaro ».

Michel Polacco, auteur de « Drones, l’aviation de demain » (éd. Privat).estime dans « l’Obs » :

« Pour l’heure, il n’existe pas de radar capable de détecter la présence de drones au-dessus de Paris. Et il n’est pas possible de remonter au pilote si l’appareil est saisi. »

La Chine et la Russie aussi sur les rangs

Boeing n’est toutefois pas le seul à développer des armes anti-drones. En fin d’année dernière, l’agence officielle chinoise Xinhua rapportait qu’un système de destruction de drones par laser avait été testé avec succès. L’Académie chinoise de physique de l’ingénierie, cité par Xinhua, précise dans un communiqué :

La machine est capable d’abattre différents petits aéronefs dans un rayon de 2 km et peut le faire dans les cinq secondes qui suivent la localisation de la cible. »

Le système chinois serait capable de neutraliser des drones volant jusqu’à une vitesse de 180 km/h, et jusqu’à une altitude de 500 m. La Chine a déjà fait part de son intention d’installer un bouclier laser anti-drones afin de remplir « un rôle clé dans la sécurisation d’événements majeurs dans des zones urbaines », selon l’Académie. Il s’agirait ainsi de sécuriser les manifestations sportives (en octobre 2014, un drone équipé d’un drapeau pro-Albanais a perturbé un match de foot), le pays organisant les JO d’hiver 2022.

L’armée américaine travaille depuis le début des années 2000 à développer des canons anti-drones. L’entreprise Raytheon avait ainsi développé un faisceau laser capable d’abattre en plein vol un drone militaire (beaucoup plus gros que les drones civils survolant Paris). La vidéo d’un test par la Marine américaine a même été publiée :

De son côté, l’armée de l’air russe aurait mis au point un brouilleur de drones, capable de déconnecter l’engin volant de son pilote, a rapporté le site pro-russe Sputnik à la mi-2013. Baptisé « Poroubchtchik », ce système de brouillage serait efficace pour couper le contact avec un drone, tout en ne perturbant pas les communications alentours.

« Les forces de l’ordre tâtonnent »

Pour rappel, le survol de zones habitées est globalement interdit. A Paris, l’arrêté du 20 janvier 1948 spécifie que « le survol de la zone comprise dans les limites des anciennes fortifications de la ville de Paris est interdit à tous les aéronefs ». En dehors de cette zone, l’arrêté du 11 avril 2012 précise qu’il est possible de piloter un drone uniquement s' »il vole à une distance du télépilote telle que celui-ci conserve une vue directe sur l’aéronef ».

L’an dernier, à Nancy, un jeune homme de 18 ans qui avait utilisé un drone pour filmer la ville a écopé d’une amende de 400 euros pour non-respect de la réglementation aérienne et mise en danger de la vie d’autrui. En novembre dernier, deux hommes et une femme ont été poursuivis pour avoir survolé des centrales nucléaires.

« Face à ce phénomène nouveau, les forces de l’ordre tâtonnent, cherchent la parade », avait confié récemment à l’AFP le criminologue et spécialiste de la sûreté aérienne Christophe Naudin. Michel Polacco estime qu' »il faut s’en préoccuper » :

« Si on ne surveille pas les airs, un jour, un appareil plus gros et beaucoup plus dangereux – transportant un missile – pourrait ainsi s’approcher de sites sensibles. »

Par Boris Manenti

Source : L’Obs

Le 31/08/15 by Francky

franck
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J'ai pris ma première bouffée d'air un 19 mars 1971 à Mâcon en Saône et Loire (71). Passionné par les grands mystères de la vie, par l'humain et notamment son comportement, Je cherche des réponses à mes questions que je n'aurai surement jamais vu la complexité du fonctionnement du genre humain. Les guerres et les haines que génèrent les religions ou la différence de couleur de peau principalement me laisse à penser que l'homme est un ignorant bestial et que les actions qui nous mèneront sur le chemin de l'amour de son prochain, peu importe nos différences, ne sont pas assez nombreuses. Néanmoins j'ai foi en l'être humain...

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